Archives mensuelles : mars 2015

Pause philosophique – La richesse et le paradoxe de Wang

L’actualité a quelque chose de déprimant en ce moment et je vous propose donc à la place du billet habituel un jeu philosophique pour nous détendre un peu. Nous allons aider les ministres des Finances du futur à définir « les riches » qu’il faut imposer plus et les « pauvres » qu’il convient de soutenir.

Connaissez-vous le paradoxe de Wang ?1 Le paradoxe de Wang est une variation numérique du plus connu paradoxe sorite. Mais encore…

Eh bien, le paradoxe sorite (du mot grec soros pour tas) dit la chose suivante :

Admettons qu’un ensemble de 1×106 grains de sable est un tas. 1 000 000 de grains donc.
Pour simplifier, un gros grain de sable de deux millimètres de diamètre pèse disons 100 milligrammes et donc, notre tas hypothétique pèse 100 kg. C’est un beau tas.
Si maintenant, je retire 1 grain de sable, il me resterait alors 999999 grains de sable ou 99,999kg. Seriez-vous d’accord pour dire qu’il s’agit toujours d’un tas ?
Mon dos aurait tendance à dire oui.

Et si je retire à nouveau un grain de sable et qu’il me reste 999998 grains, pourrions-nous alors dire qu’il s’agit toujours d’un tas ? Certainement.
Et, soyons fous, si je retire encore un grain ? Oui!
Et encore un ? Mais oui, crénom !
Et … C’est bon, on a compris, la réponse est oui.
Nous pouvons donc en conclure que si n grains sont un tas alors n-1 grains sont aussi un tas.
Conclusion : 1 grain de sable est un tas. CQFD
Ah oui, mais non ! Si, si, c’est logique et indiscutable.

Le paradoxe de Wang reprend le paradoxe sorite, mais sans sable. C’est un paradoxe uniquement numérique.

Imaginons maintenant que vous promettiez, disons d’imposer plus « les riches » pour alléger les charges « des pauvres ». Mon ennemi, c’est la finance et ce genre de chose.

Commençons par trouver un riche. Prenons Mme Bettencourt par exemple, deuxième fortune de France avec 26 milliards d’euros. On est tous d’accord pour dire qu’elle est riche. Elle a 26 000 000 000 d’euros sous son petit oreiller.
Donc, quiconque a 26×109 € est riche. Évidemment, me direz-vous.
Si je retire un euro à Mme Bettencourt, elle reste riche ? Oui, il en faut plus que cela, voyons.

Et deux ? Et trois ? Et quatre ? … passons, cela risque d’être long.
Donc si n est riche alors n-1 est riche aussi. Eh bien oui, semble-t-il.
Conclusion : quiconque a 1 euro est riche.
Et voilà, je peux imposer tout le monde ! Pratique, ça doit être le retour de la croissance.

Maintenant, il faut voir qui est pauvre pour pouvoir redistribuer les fruits de mon imposition.
Est pauvre en France celui qui a moins de 803 euros pour vivre par mois.
Si j’augmente le salaire de notre pauvre de référence d’un euro, il reste pauvre non?
Honnêtement entre 803 et 804 euros…
Si je rajoute encore un euro, ça ne change toujours pas grand-chose, notre pauvre reste pauvre.
Ce qui veut dire que si n est pauvre alors n+1 est pauvre aussi.
Conclusion : quiconque a 26×109 € est pauvre! Mme Bettencourt est pauvre !

Mais pour introduire de la « justice », on va dire arbitrairement que seuls ceux qui sont « en haut » de nos raisonnements sont respectivement « riches » ou « pauvre ». Pourquoi ? Eh bien, pensez à une équipe de football. Celle qui est classée en haut du palmarès est toujours la meilleure, non?
J’en déduis que ce qui est au bout de notre conclusion est nécessairement le meilleur « riche » ou « pauvre » que nous ayons à disposition.
Conclusion :

Il faut imposer les gens qui ont 1 euro puisqu’ils sont riches et en fin de raisonnement et il faut redistribuer vers ceux qui ont 26×1010  euros puisqu’ils sont pauvres et en fin de raisonnement.

Ça tombe bien, il y a plus de personnes qui ont 1 euro que de personnes qui ont 26×109 euros.

En Grèce, ils sont en train d’appliquer ce raisonnement puisque le gouvernement maintient les avantages fiscaux des armateurs, ne s’occupe pas de l’évasion fiscale alors que le gouvernement suisse leur propose son soutien (il s’agit de 800 000 000 €) et rabote en revanche joyeusement les caisses de sécurité sociale, excédentaires, il est vrai, depuis que les prestations ont été massivement gelées.
C’est ça d’être le berceau de la philosophie occidentale, on n’en finit pas de produire des paradoxes…

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1)  Michael Dummett: Wang’s paradox, Synthese, Avril/Mai 1975, Volume 30, Issue 3-4, pp 301-324

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« SOLDATS, SONGEZ QUE, DU HAUT DE CES PYRAMIDES, QUARANTE SIÈCLES D’HISTOIRE VOUS CONTEMPLENT » BONAPARTE, 1798

CarricatureEtatIslamique

L’Histoire, c’est l’âme d’un peuple. L’Histoire, c’est ce grand livre qui nous dit d’où nous venons et pourquoi nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui. Aujourd’hui certains voudraient tuer cette âme et tout ce qui fait ce que nous sommes. (0)

L’Humanité a découvert tant de choses extraordinaires, construit tant de choses, créé tant de choses. Elle est capable du meilleur comme du pire. Elle est capable d’aller sur la lune et bientôt sur Mars, elle peut décoder son propre génome, guérir toutes sortes de maladies, produire des merveilles artistiques, voir des étoiles disparues il y a des millions et des millions d’années, explorer l’infiniment petit et l’infiniment grand, construire des robots à son image et en même temps, elle est capable de produire de sombres crétins qui détruisent des trésors archéologiques, brûlent vif des gens, égorgent, violent, massacrent, prétendent que la terre ne tourne pas ou que l’Humanité n’a pas plus de 6000 ans et passent leur temps à être offensés par toutes les formes de vie capables de penser.

Rien n’est plus désolant que d’être confronté à ce genre d’individu qui profite du génie des autres pour mieux détruire ce qui a permis l’émergence de ce génie.

Avec l’État islamique, nous sommes en présence de ce qui se fait de plus minable et de plus effrayant.

Ils utilisent pour commettre leurs méfaits internet, des ressources informatiques, des voitures, des armes, des médicaments qui ne pourraient exister si l’humanité ne se composait que d’individus de leur trempe. Ils ne produisent rien, n’apportent rien, ne servent à rien et ne sont créatifs que dans l’horreur. 

Comment ne pas ressentir une haine profonde en voyant ces barbus au front bas briser des œuvres d’art plusieurs fois millénaires, brûler des livres irremplaçables et anéantir tout le patrimoine d’une région parmi les plus riches en histoire et en culture ? (1a) (1b)

Comment ne pas pleurer quand on voit des enfants enlevés par centaines pour être vendus et servir de boucliers humains ou de jouets sexuels à des pervers lubriques ? (2) (3)

Comment ne pas souffrir quand des homosexuels sont jetés du haut d’un immeuble ? L’un d’eux, ayant la mauvaise idée de survivre par miracle à sa chute, est ensuite lapidé par la foule haineuse. (4)

Comment ne pas avoir de la détestation pour ceux qui brûlent un homme vif dans une cage (5), tuent des femmes pour avoir eu le malheur d’être femme et massacrent les minorités qu’ils rencontrent ? (6)

Comment ne pas hurler de rage devant leurs émules qui abattent des dessinateurs ou découpent à la machette un blogueur au Bangladesh pour avoir osé remettre en question leur ami imaginaire ? (7)

Comment ne pas être répugné par des hommes qui font exciser en masse les filles des régions conquises? (8) Où sont les défenseurs des droits des anciens esclaves, si prompts à lancer à la face de tout contradicteur les méfaits des européens d’il y a 100 ans, devant l’économie de l’esclavagisme actuel qui permet d’acheter une fille de 9 ans pour 138 euro ?(9) Mais attention, pas plus de trois par acheteur, question d’éthique commerciale.

Comment ne pas trembler d’horreur quand on apprend que l’État islamique a organisé un vaste trafic d’organes ? (10)

Comment, comment, comment… comment contenir la haine et le dégoût qui risquent de nous aveugler ?

Combien d’horreurs faudra-t-il encore avant que nous ne nous décidions à combattre vraiment sur tous les fronts avec des moyens à la hauteur des enjeux ?

Comme la peste brune qui s’abattit sur le monde entre 1933 et 1945, l’État islamique, Boko-Haram (traduction : « L’éducation occidentale est un péché ») et Al Quaida ressemblent à une mutation d’une même souche bactérienne. Les symptômes ? Maladivement antisémites, génocidaires, portés sur l’autodafé et la destruction, sexistes, homophobes, cultivant le culte de la mort, mégalomanes et narcissiques. Les islamistes rêvent du jugement dernier, de l’apocalypse et d’exterminer les juifs.(11) La destruction et la domination sont leurs seules raisons d’être.

La fusion Boko Haram- EI annonce en ce sens une tendance à venir. (12) Ce qu’Al-Quaida avait commencé avec le principe de la « franchise » du terrorisme qui permettait à n’importe quelle andouille de fonder son groupe Al-Quaida, l’État islamique le pousse à la perfection, se nourrissant au passage de notre laxisme et de notre relativisme permanent. Les idéologues islamistes transforment ainsi des générations en barbares, localement en recrutant par exemple des enfants de 6 ans pour en faire des fous de dieux décérébrés et endoctrinés, mais aussi internationalement, par internet et autres supports disponibles. (13) 

Il paraît d’ailleurs que le français est désormais la troisième langue utilisée par les islamistes après l’arabe et l’anglais.(14)

La recette de la franchise est simple :

1) vous recrutez tous les looseurs, cancres et sociopathes disponibles. 2) vous créez une milice et vous commencez à massacrer, piller, violer… en expliquant à vos recrues qu’elles sont le « Bien » qui combat le « Mal ». Vu le public visé, il faut rester simple. 3) une fois bien en place, vous prêtez allégeance au calife au pouvoir pour vous assurer un financement 4) optionnel : Blâmez et dénoncez en passant les USA, Israel, les Juifs et l’Occident en général. Vous vous assurez ainsi un soutien de la part de certains intellectuels et conspirationnistes.

Pendant ce temps, nous, nous préférons remettre en question la laïcité(15) , alors que la gauche allemande dénonce désormais la présence de fillettes de 3 ans voilées, « de leur plein gré » bien sûr,  à l’école primaire (16), d’enfants de 6 ans exprimant la nécessité de tuer les infidèles(17) et des patrouilles de la « Scharia-Polizei » la « police islamiste ».(18)

Hélas, l’Humanité semble avoir contracté une nouvelle fois une « fascista pestis » aigüe. Espérons que nous trouverons rapidement une cure intellectuelle et que nous pourrons alors enfin continuer à progresser au lieu de perdre notre temps à devoir débattre du sexe des anges avec des enragés armés de leur bêtise violente et de leur haine pour le reste de l’humanité dont l’unique faute est de leur démontrer par sa simple existence que leur complexe d’infériorité est justifié.

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